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Les donneurs d'organes "vivants" verront bientôt leurs frais réduits


RTBF

Pubié le mardi 22 novembre 2016 à 09h38

L’INAMI a autorisé une réduction des frais pour les personnes qui donnent leurs organes de leur vivant, a annoncé lundi la ministre de la Santé Maggie De Block (Open Vld). Ces donneurs ne devront plus payer, à partir du printemps 2017, la plupart des prestations médicales pendant un an après la transplantation.


Payer ces frais "pouvait être un frein au don d’organes", explique Michel Mourad, professeur, chirurgien et spécialiste de transplantation aux Cliniques universitaires Saint-Luc à Bruxelles. Cependant, "dans l’esprit du texte, la loi interdit toute forme de rémunération du donneur. Cependant, la mesure qui vient d’être prise est une sorte de reconnaissance vis-à-vis de cet acte de générosité".


"800 à 900 personnes qui attendent un rein par an"


Cet acte de générosité est bénéfique : "Le donneur vivant, que ce soit pour un rein ou un foie, est une solution très élégante vis-à-vis du manque d’organes dont on souffre. En Belgique, on tourne aux alentours de 800 à 900 personnes qui attendent un rein par an et nous arrivons à greffer à peine la moitié, ce qui fait qu’il y a un fossé important entre le nombre de personnes qui ont besoin d’une transplantation et le nombre d’organes disponibles".

"Le donneur vivant est une des solutions élégantes et je rappelle que, pour le rein, les premières transplantations dans le monde ont été faites à partir d’un donneur vivant."

Évidemment, le choix du donneur ne se fait pas à la légère : "En fait, il faut une grande sélection du donneur. Il y a une grande prudence. On doit s’adresser à des donneurs qui sont en parfait état de santé dans la mesure où la donation d’un rein ou d’un segment d’une partie du foie ne génère pas dans le futur des problèmes de santé".


De meilleurs résultats


Les patients concernés sont informés de la possibilité d'une transplantation à partir d'un donneur vivant au moment de l'inscription sur liste d'attente. "C’est au patient de faire lui-même l’effort au sein de sa famille, de son entourage, pour trouver le donneur", précise Michel Mourad.

"À ce moment-là, il y a toute une mise au point très fouillée du donneur, mais aussi du receveur bien entendu, pour arriver à une bonne sélection. La transplantation par donneur vivant, évidemment, donne de meilleurs résultats, parce qu’il s’agit d’interventions qui sont programmées, ce qui signifie qu’on a une très bonne, une meilleure sélection du donneur qui, je le répète, doit être en parfait état de santé."

"Ça nous permet aussi de réaliser la greffe avant d’avoir recours à la dialyse s’il s’agit d’une transplantation rénale, ce qui a un impact très important sur les résultats à long terme et la transplantation dans le contexte du donneur vivant permet de réduire le temps entre le moment où on prélève l’organe et le moment où on le transplante. Comme vous le savez, ce moment est critique : on ne peut pas dépasser un certain temps."